Drop Dead Diva 01×01 : Pilot

Drop Dead Diva 01×01 : Pilot

Les échanges de corps, c’est comme les comédies sportives, on les retrouve (beaucoup) au cinéma américain, rarement à la télévision. Ou le temps d’un épisode dans une série fantastique. C’est pourtant le point de départ de Drop Dead Diva qui place une mannequin blonde (comprendre nunuche aspirante potiche au Juste Prix local) dans le corps d’une avocate rondelette (donc intelligente, mais mal dans sa peau, compensant son insécurité compulsive dans la bouffe).

Sur le même sujet, avec abus de stéréotypes dans l’unique but de faire voler en éclat les idées reçues, Legally Blonde, au cinéma (avec une Reese Witherspoon adorable à croquer en blonde ingénue qui fait Harvard pour retrouver son boyfriend et finie avocate principale dans une affaire de meurtre), avait tout dit. Le film se voyait comme un vrai manifeste : les blondes ne sont pas superficielles et idiotes, mais des êtres humains comme tout le monde. Mieux, donnez-leur les armes, elles seront toutes aussi intelligentes. Innocent et inoffensif, mais jouissif dans sa volonté démesurée de marquer son point. Drop Dead Diva joue sur deux tableaux aux stéréotypes bien francs : les blondes idiotes et les grosses intelligentes. Il faut, au choix, beaucoup de second degré ou une vraie attention de taper dans la fourmilière pour s’attaquer à un tel sujet au point d’en faire l’idée de base du show.

Le pilot, écrit par le showrunner Josh Berman (27 épisodes de CSI au compteur), ne semble pas combattre les idées reçues. Consolidée par sa vision très radicale qu’une diva n’acquiert l’intelligence que plongée dans le corps gras d’une avocate : « I’m smart ! » s’écrit-elle. Et comprendra son égoïsme lors de son enterrement. S’il n’y avait ce soupçon absurde qui teinte chaque séquence, on aurait peur pour Berman auprès des ligues féministes (déjà que…).

Tout va très vite dans ce pilot. Deux séquences de morts sordides (le portable au volant, c’est dangereux ; la gaucherie tue), une vision administrative d’un paradis immaculé (on aurait juré voir l’enfer) et un réveil dans un corps étrange(r). Après une (très courte) phase d’adaptation, la blonde-devenue-intelligente est prête pour plaider dans deux affaires. On passe volontiers sur la morale gnangnan qui ponctue ses deux affaires et un emprunt (plagiat ?) à Legally Blonde. On voit se profiler la lutte sournoise contre une belle avocate arriviste (version ancien « elle »). Et le rattrapage in extremis de la romance avec la venue inopinée de l’amour de sa vie, venu travailler dans le même cabinet.

On le devine, Drop Dead Diva sera le terrain de la rédemption et celui de l’acceptation des femmes à forte corpulence (version politiquement correct des hommes peuvent préférer les grosses). Avec de l’humour, Berman pense pouvoir faire tout passer. La vision de ce pilot ne laisse entrevoir qu’une version grossière (sans jeu de mot) de ce que pourrait être la série. On en vient à penser au résultat entre les mains d’un Apatow, au génie comique mordant. Il faudra se contenter de cette vision policée au traitement pas très engageant, voire régressif (dans le mauvais sens du terme). Reste quelques saillies amusantes et une relation avec le secrétaire aux portes du paradis devenu baby-sitter après la bourde qui donne sa raison au show. C’est maigre (toujours sans jeu de mot), mais l’on donnera le bénéfice du doute.

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