Dark Blue 01×07 : O.I.S. || 01×08 : Venice Kings

Dark Blue 01×07 : O.I.S. || 01×08 : Venice Kings

Deux figures antagonistes se dessinent. Elles se précisaient déjà depuis une poignée d’épisodes. Joutes verbales à quelques pas d’embrasement physique. Conception de vie et de travail opposée, mais pour un même résultat. C’est aussi la question que pose la plupart des productions Bruckheimer : Est-on moins efficace professionnellement quand on possède une vie de famille ?

Ty est le personnage le plus développé du show. A titre individuel, au sein de l’équipe, chez lui avec sa femme, on explore son spectre avec régularité. Cette manne d’informations n’en fait pas le protagoniste le plus complexe (laissé à l’énigmatique Carter), mais le plus vivant. Loin de l’incarnation usuelle, façon corps dévoué, de Dean ou de la trajectoire brisée, trauma passé (résultat artificiel) de Jaimie.

Dans O.I.S., c’est son métier de flic infiltré qu’il met dans la balance. Sous couverture dans une équipe un peu spéciale de flics hard boiled (sorte de Strike Team, au leader tout aussi tordu que Vic Mackey), il retrouve les joies d’une sociabilité retrouvée. Barbecue avec femmes et enfants (prémisses d’une maternité à venir), vraies relations professionnelles, vraie collègue. Une existence dans la lumière. Une vie sécurisée. Alors que son métier actuel verse dans le mensonge au point d’en faire le moteur de sa vie et de risquer une crise d’identité. C’est se rendre compte que personne n’est à l’abri, quand la cible s’invite chez vous. C’est une existence de peur permanente qui contamine le foyer familiale. Incompatible avec la sérénité. Une vision proposée très schématique.

A l’opposé, Carter. Solitaire, dévoué à son travail. Dans O.I.S., c’est un fantôme du passé qu’il pourchasse. Et il n’hésitera pas à flirter avec l’illégalité pour arriver à un résultat. A l’image d’un Barker dans The Beast (autre série d’infiltration). Régurgitation à peine digéré de la grande figure du flic controversé : Vic Mackey. Dans Venice Kings, c’est une innocente femme (petite amie d’un dealer) qui fera les frais de son obstination à résoudre l’enquête. Dean sera l’autre victime potentielle de cet entêtement. A deux doigts d’y laisser sa vie,  faute de résultat. Carter pousse ses flics dans leur retranchement. Mais toujours avec cette noble et louable raison de sauver la veuve et l’orphelin.  Pas de cas de conscience pour lui, une moralité personnelle qui balance parfois du mauvais côté si c’est pour une juste cause.

L’antagonisme Carter/Ty est scellé dans Venice Kings. En quête d’argent pour une sœur en galère, Ty est constamment (et lourdement) tenté par l’argent facile qui se présente à lui. Carter en chef d’équipe omniscient a bien sûr compris la tentation qui se présentait à son flic (déduction pas très difficile non plus). Deux conceptions opposés : l’un n’hésiterait pas à faire son Robin des Bois, quand l’autre, afin de préserver son intégrité, refuser l’argent facile « people slit, when they do bad things for good reason ». Carter est le descendant d’une lignée d’anti héro de Mackey à Bauer. Ty incarne les vestiges d’un héro aujourd’hui dépassé. A la morale sauve jusqu’au bout des ongles.

Alors, pour répondre à la question plus haut, il suffit de faire le tour des productions Bruckheimer comme le bilan comptable de ces deux épisodes. La vie de famille est un frein à la concentration professionnelle. Mais un sacrifice louable si l’on veut aspirer au bonheur. C’est Grissom (CSI) parti rejoindre Sarah, c’est le veuf Dr Hood (Eleventh Hour) entièrement dédié à son travail, c’est Malone (Without a Trace) divorcé, c’est Horatio Caine (CSI : Miami)veuf comme Mac Taylor (CSI : NY), c’est…

(et cela fera l’objet d’un prochain article)

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